DCG-DSCG-DEC : une réforme construite avec la profession et ouverte à la VAE
À quelques jours du congrès de l’Ordre des experts-comptables à Paris, Jean-Luc Rossignol a publié sur LinkedIn une déclaration importante concernant l’évolution des diplômes comptables supérieurs : https://www.linkedin.com/posts/jean-luc-rossignol-8b5a7231_dcg-dscg-des-dipl%C3%B4mes-detat-dexcellence-share-7504170090162987008-7D1d/?utm_source=social_share_send&utm_medium=android_app&rcm=ACoAAEGVdwsBlk0E8Sq8yazgUpj5t68XD1C7vwk .
Son message met en lumière l’aboutissement d’un vaste chantier de rénovation des programmes du DCG et du DSCG, mais aussi les perspectives nouvelles offertes aux professionnels engagés dans une démarche de validation des acquis de l’expérience.
Jean-Luc Rossignol, un acteur central de la filière comptable
Jean-Luc Rossignol est administrateur de l’État et inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche. Il préside également le jury national du DSCG, le conseil d’institut de l’INSPE de Besançon et intervient à l’Université de Franche-Comté.
À ce titre, il occupe une position particulièrement stratégique dans l’évolution du diplôme supérieur de comptabilité et de gestion. Son regard se situe à la croisée de plusieurs univers : l’enseignement supérieur, les jurys d’examen, la recherche, les établissements de formation et la profession comptable.
Dans sa publication, il témoigne de l’ampleur du travail réalisé pour rénover les programmes du DCG et du DSCG. Les nouveaux référentiels sont applicables depuis le 1er septembre 2026, tandis que la session 2027 constituera le premier examen pleinement fondé sur ces nouveaux programmes.
Des diplômes d’État au cœur du parcours vers l’expertise comptable
Jean-Luc Rossignol rappelle d’abord la place particulière du DCG et du DSCG dans le système français de formation comptable.
Le DCG confère le grade de licence, tandis que le DSCG confère le grade de master. Ces diplômes peuvent être préparés dans des lycées, des écoles et des universités, ce qui leur confère une grande accessibilité institutionnelle et favorise la diversité des parcours.
Ils s’inscrivent dans un continuum cohérent :
• le DCG constitue le premier niveau de formation supérieure en comptabilité et en gestion ;
• le DSCG approfondit les compétences nécessaires à l’exercice de fonctions d’encadrement et d’expertise ;
• le DEC vient couronner le parcours menant au titre d’expert-comptable.
Le président du jury national du DSCG souligne également que le DSCG demeure la porte d’entrée vers le stage d’expertise comptable en vue de l’obtention du DEC. Cette articulation entre diplômes, expérience professionnelle et stage renforce la cohérence de l’ensemble de la filière.
Une rénovation fondée sur la co-construction
La réforme présentée par Jean-Luc Rossignol ne résulte pas d’une décision élaborée uniquement par l’administration. Elle est le fruit d’un travail collectif associant plusieurs catégories d’acteurs.
Le chantier a été piloté par la Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle, la DGESIP. Il a été mené en collaboration étroite avec :
• le Conseil national de l’Ordre des experts-comptables ;
• la Compagnie nationale des commissaires aux comptes ;
• les enseignants et enseignants-chercheurs ;
• les inspecteurs d’académie-inspecteurs pédagogiques régionaux ;
• les coordonnateurs des différentes unités d’enseignement.
Des groupes de travail ont été constitués pour chacune des unités d’enseignement, mais aussi pour traiter les articulations entre les matières. L’objectif consistait à mieux assurer la cohérence interne de chaque diplôme et la continuité entre le DCG et le DSCG.
Cette méthode de co-construction répond à un enjeu essentiel : rapprocher les contenus enseignés des compétences réellement attendues dans les cabinets, les entreprises et les organisations publiques.
Une approche davantage tournée vers les compétences
La réforme ne se limite pas à une actualisation technique des programmes. Elle traduit une évolution de fond dans la manière de concevoir les diplômes comptables.
L’approche par compétences vise à dépasser une logique reposant principalement sur l’accumulation de connaissances. Elle invite les candidats à démontrer leur capacité à mobiliser ces connaissances dans des situations professionnelles concrètes.
Cette orientation concerne notamment :
• l’analyse de situations complexes ;
• la capacité à argumenter et à justifier une décision ;
• la maîtrise des outils numériques et des systèmes d’information ;
• l’adaptation aux évolutions réglementaires ;
• la compréhension des enjeux de conseil, de contrôle et d’accompagnement des organisations.
Les nouveaux programmes intègrent ainsi plus fortement les transformations du métier comptable, notamment la digitalisation, l’évolution des missions de conseil et la prise en compte des enjeux liés à la responsabilité sociétale des entreprises.
Pour les étudiants, cette évolution implique de ne pas limiter leur préparation à la mémorisation des notions du programme. Ils devront également apprendre à analyser, à relier les différents domaines et à valoriser leur raisonnement professionnel.
La VAE, un enjeu majeur pour les professionnels
La partie la plus importante de la déclaration pour les professionnels expérimentés concerne sans doute la validation des acquis de l’expérience.
Jean-Luc Rossignol annonce que le travail se poursuit sur la révision des dispenses et sur l’amélioration de l’évaluation des dossiers des candidats qui souhaitent obtenir le DCG ou le DSCG par la voie de la VAE.
Cette orientation est particulièrement significative. La VAE permet à des professionnels qui ont développé des compétences dans le cadre de leur activité de faire reconnaître officiellement leur expérience, sous réserve de démontrer qu’elle correspond aux attendus du diplôme visé.
Dans cette perspective, l’approche par compétences peut constituer un véritable levier d’amélioration. Elle devrait permettre de mieux examiner :
• les missions réellement exercées par le candidat ;
• le niveau de responsabilité assumé ;
• la diversité des situations professionnelles rencontrées ;
• les méthodes et outils mobilisés ;
• la capacité à prendre du recul sur ses pratiques ;
• le lien entre l’expérience décrite et les compétences attendues dans le référentiel.
Pour un candidat à la VAE, il ne suffit donc pas d’indiquer qu’il a travaillé dans un cabinet, une entreprise ou un service comptable. Il doit démontrer précisément ce qu’il a réalisé, dans quel contexte, avec quel degré d’autonomie et quels résultats.
Ce que cette évolution change pour les candidats à la VAE
La déclaration de Jean-Luc Rossignol constitue un signal encourageant pour les professionnels qui souhaitent faire reconnaître leur expérience par la VAE. Elle confirme que cette voie est considérée comme un moyen légitime d’accès aux diplômes comptables, et non comme une voie secondaire.
Elle rappelle également une exigence fondamentale : le dossier doit être construit à partir des compétences, et non d’une simple succession de tâches.
Un candidat pourra utilement structurer chaque expérience autour de plusieurs questions :
1. Quelle était la situation professionnelle rencontrée ?
2. Quelle mission m’a été confiée ?
3. Quelles décisions ai-je prises ?
4. Quelles connaissances et méthodes ai-je mobilisées ?
5. Quels outils professionnels ai-je utilisés ?
6. Quel a été mon niveau d’autonomie et de responsabilité ?
7. Quels résultats ai-je obtenus ?
8. Quelles compétences du référentiel cette expérience permet-elle d’illustrer ?
Cette démarche facilite le travail du jury, qui doit pouvoir apprécier concrètement le niveau de maîtrise atteint. Les expériences doivent être documentées, contextualisées et reliées explicitement aux compétences visées par les unités d’enseignement demandées.
Une reconnaissance attendue de l’expérience professionnelle
En déclarant qu’il faut « progresser dans la reconnaissance de l’expérience professionnelle », Jean-Luc Rossignol ouvre un débat essentiel pour la filière comptable.
De nombreux professionnels acquièrent, au fil des années, des compétences comparables à celles développées dans un parcours de formation classique. Ils peuvent exercer des missions complexes en comptabilité, fiscalité, audit, contrôle de gestion, droit ou management sans avoir obtenu le diplôme correspondant.
La VAE permet précisément de réduire cet écart entre l’expérience exercée et la certification détenue. Elle peut répondre à plusieurs objectifs :
• sécuriser un parcours professionnel ;
• favoriser une évolution de carrière ;
• accéder à de nouvelles responsabilités ;
• renforcer la légitimité auprès des employeurs et des clients ;
• poursuivre un parcours vers le DSCG ou le DEC ;
• faire reconnaître officiellement des compétences déjà mobilisées.
Toutefois, cette reconnaissance exige une évaluation rigoureuse. Le diplôme ne doit pas être attribué en raison de la seule ancienneté professionnelle. Le candidat doit apporter la preuve d’une maîtrise effective des compétences correspondant au niveau du diplôme.
Une réforme qui concerne toute la profession
La rénovation du DCG et du DSCG ne concerne pas uniquement les étudiants et les établissements de formation. Elle intéresse également les cabinets, les entreprises, les organismes d’accompagnement et les professionnels déjà en activité.
Les employeurs devront progressivement tenir compte de référentiels davantage centrés sur les compétences. Les responsables de cabinet pourront également utiliser ces évolutions pour mieux identifier les besoins de formation et accompagner les collaborateurs dans leur progression.
Pour les professionnels expérimentés, la réforme invite à considérer la VAE comme un outil de développement professionnel. Pour les organismes qui accompagnent les candidats, elle impose de renforcer le travail d’analyse des expériences et de mise en correspondance avec les référentiels.
Une dynamique appelée à se poursuivre
La publication de Jean-Luc Rossignol ne présente pas la réforme comme un point final. Elle insiste au contraire sur la continuité du travail engagé.
Après les programmes, les prochaines étapes concernent notamment la révision des dispenses et l’amélioration de l’évaluation des dossiers de VAE. Cette dynamique devra permettre de construire des modalités de certification plus lisibles, plus cohérentes et davantage en lien avec les réalités professionnelles.
Le message adressé par le président du jury national du DSCG est donc double. Il rend hommage au travail collectif accompli pour moderniser les diplômes comptables et affirme, dans le même temps, la nécessité de poursuivre les efforts engagés en faveur de la reconnaissance de l’expérience.
Pour les candidats comme pour les professionnels de la comptabilité, la formule qui conclut sa déclaration résume bien l’esprit de cette évolution : « Rien n’est facile, mais tout est possible. »
Avec l’accompagnement de Compta-VAE, le possible se réalisera.





